Réforme d’EDF : « des points de discussions subsistent avec la Commission européenne »

Les mois passent et l’incertitude continue de planer autour du projet du « Grand EDF. » Les négociations au sujet de la réforme d’EDF, un temps considérées comme étant dans leur phase finale, semblent faire bond arrière à en croire deux des protagonistes du projet : Jean-Bernard Levy (PDG d’EDF) et Bruno Le Maire (Ministre de l’Économie et des Finances).

Réforme d’EDF : le PDG du groupe évoque des discussions encore « extrêmement difficiles »

Aucune avancée d’ici à cet été ? C’est ce qui se profile laisse penser le patron du groupe : « Rien ne permet de penser que les discussions pourront aboutir rapidement, rien ne permet non plus de penser qu’elles pourraient ne pas aboutir. Nous restons suspendus à l’aboutissement de ces discussions » qu’il a qualifié d’« extrêmement difficiles. »

Mais si M. Levy tempère ses propos, le ministre de l’Économie et des Finances a paru moins sûr quant à une fin des discussions dans les prochaines semaines si l’on se fie à ce qu’il aurait livré aux représentants des différentes confédérations syndicales et aux syndicats du groupe : « Il nous a dit que le projet de loi prévu pour réformer EDF n’était pas mûr pour le mois de juin et que des points de discussions subsistent avec la Commission européenne. »

C’est à l’aune de ces incertitudes sur la réforme d’EDF que le titre du groupe perdait 3,35 % à 11,68 euros jeudi, à la mi-journée. 

L’interfédérale syndicale toujours vent debout contre la réforme du « grand EDF»

Si cet exercice est si périlleux, c’est parce que le gouvernement souhaite préserver l’unité d’EDF mais aussi augmenter le tarif réglementé de l’ARENH (Accès régulé à l’électricité nucléaire historique), c’est à dire le prix de vente de sa production nucléaire aux autres fournisseurs. Un prix de 49 €/MWh est évoqué, soit 7 € de plus que le prix actuel, ce qui permettrait à l’énergéticien de continuer à entretenir et développer le parc nucléaire français.

Opposée à cette division entre les activités de production et les activités commerciales, l’interfédérale syndicale a rappelé, dans un communiqué début mai, « son opposition totale à ce projet de démantèlement d’EDF. »

L’interfédérale accuse Paris de dissimuler de « nombreuses zones d’ombre liées aux contreparties exigées par la commission européenne » et « n’admettra pas qu’EDF soit sacrifiée sur l’autel du règlement des contentieux engagés par l’Europe contre l’État français et dont EDF et ses agents sont bien les premières victimes. »

L’AFP nous apprend, grâce à un courrier adressé à Jean-Bernard Levy qu’elle a pu consulter, que le président de la CGT-FNME (Fédération nationale des mines et de l’énergie) accuse le PDG d’EDF de « diviser pour mieux régner. » Mais malgré le caractère incertain de ces discussions sur cette réforme du groupe EDF, Bruno Le Maire ne veut pas renoncer à ce projet qu’il ne veut plus appeler « Hercule ». En effet, dans un entretien accordé à Ouest-France, le ministre fait allusion au « grand EDF. » Changement de nom donc, mais pas d’ambitions de réorganiser EDF pour le gouvernement qui aspire à présenter un projet de loi et valider la réforme avant les élections présidentielle de l’année prochaine.

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