Réacteur au thorium, l’avenir du nucléaire ?

La Chine pourrait être en mesure de faire fonctionner et de commercialiser un type de réacteur au thorium dès 2030. Une avancée importante dans le développement de solutions alternatives au charbon. Aussi appelé réacteur a sels fondus, ce type de technologie a été découvert dans les années soixante, mais n’a jamais été développé correctement. Ces réacteurs représentent cependant un grand intérêt pour la Chine dont les sols sont plus riches en thorium qu’en uranium.

Un premier prototype de ce réacteur à sels fondus est en construction dans la ville de Wuvei depuis 2011 et devrait être achevé en août. Les premiers tests de ce nouveau dispositif commenceront en septembre, d’après les affirmations des chercheurs à Pékin.

Comment fonctionne un réacteur au thorium ?

Contrairement aux réacteurs nucléaires que nous connaissons et utilisons actuellement en Europe, le réacteur au thorium agit en surgénérateur, ce qui signifie qu’il produit plus d’uranium 233 qu’il n’en consomme.
Pour résumer les grandes lignes de son fonctionnement, voici comment fonctionne ce nouveau réacteur nucléaire : le combustible de la centrale est dissout dans sel qui se solidifie à basse température et qui devient liquide une fois chauffé, c’est-à-dire lorsque le réacteur fonctionne. Ce sel sert de liquide de refroidissement à la centrale, remplaçant les grandes quantités d’eau qui sont normalement utilisées pour refroidir les réacteurs nucléaires.

Le thorium est un élément fertile et non fissible, contrairement à l’uranium. Il est donc irradié de neutrons pour être transformé en uranium 233. Cet uranium est ensuite utilisé pour produire de l’énergie, comme dans les réacteurs déjà existants.

De nombreux avantages pour la Chine

Mais alors quel est l’intérêt de ce nouveau réacteur au thorium s’il produit finalement peu ou prou la même chose qu’un réacteur nucléaire à l’uranium ?
La première et principale raison est que le thorium est un métal quatre fois plus présent à la surface de la terre que l’uranium 233. Souvent présent dans les gisements de terres rares, on le trouve particulièrement en Chine, contrairement à l’uranium. On comprend mieux alors les intérêts du pays à développer une telle technologie.

Un autre point intéressant du réacteur à sels fondus est sa capacité à fonctionner sans reposer sur de grandes quantités d’eau pour se refroidir. Les centrales pourraient donc être placées ailleurs que près de grands fleuves ou lacs, y compris dans des régions désertiques.

La durée de vie de ces installations est également un avantage non négligeable. De taille plus modeste qu’un réacteur nucléaire classique, le réacteur au thorium demande moins d’investissements lors de sa construction.
Pour finir, cette nouvelle centrale produira moins de déchets et présentera moins de risques en cas d’incidents. Puisque les produits radioactifs resteront piégés dans le sel et que celui-ci se solidifie dès que la température est inférieure à 600°C, s’il arrivait que le sel combustible s’échappe d’une cuve, il reprendrait aussitôt sa forme solide et préviendrait ainsi la diffusion des déchets radioactifs dans la nature.

Si l’on est tenté de se demander pourquoi les réacteurs au thorium n’ont pas été plus développés en Europe, il faut se rappeler que ce métal rare n’est pas présent sur nos territoires. Sans compter que le contexte de Guerre Froide dans lequel s’est fait le développement du nucléaire a sans doute favorisé l’utilisation de l’uranium, naturellement fissible.

L’idée de développer un réacteur à sels fondus n’est cependant pas nouvelle en France et plusieurs expérimentations ont déjà été menées.

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