Projet Hercule : 28% du personnel en grève pour la quatrième journée de grève du 19 janvier

Près de 200 militants CGT se sont réunis mardi 19 janvier devant le siège du parti de La République En Marche (LREM) afin de contester, une fois encore, le projet Hercule prévoyant une scission des différentes entités d’EDF.

Le projet Hercule notamment contesté à Paris, Lyon et Lille

Les syndicats EDF comptent bien terrasser Hercule. Arrivé en nombre dans la capitale, le personnel CGT d’EDF, en grève mardi 19 janvier, n’avaient qu’un seul objectif : celui de faire vivement entendre leur refus du projet Hercule. Pour cela, les militants avaient choisi de le faire rue Sainte-Anne (2e arrondissement de Paris), devant le siège du parti de La République En Marche (LREM), symbole d’une grogne contre l’exécutif qui ne semble pas retomber. 

Les quelques 200 électriciens et gaziers d’EDF, accompagnés de ceux d’Engie et de leur syndicat CGT ont jeté au sol des dizaines de compteurs Linky, autre symbole d’une contestation qui dure depuis des années. L’amas d’appareils électriques s’est ainsi fait la voix de cégétistes qui ont protesté contre la scission d’EDF à Paris, mais aussi à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), Lille (Hauts-de-France) ou encore Cordemais (Loire-Atlantique). Quelques secondes plus tard, les militants couvraient les signaux sonores des compteurs jonchant le sol avec un slogan explicite, faisant notamment référence à EDF vert : « L’électricité et le gaz, c’est pas pour le privé ! » 

Sur place, le sénateur PCF de Seine-Saint-Denis Fabien Gay, a déploré une « spoliation du bien commun » et « une augmentation [du prix de l’électricité] de 50% en 10 ans » dans une prise de parole longue de deux minutes. Le secrétaire général CGT Énergie Paris Cédric Liechti a quant à lui dénoncé « la casse du service public de l’énergie » et rappelé les aspirations des syndicats, à savoir « stopper ce gouvernement qui est en train d’œuvrer contre les intérêt du peuple et de la nation. » Le député Adrien Quatennens (France Insoumise) prête au projet Hercule et au démantèlement d’EDF une « privatisation des profits » et une « socialisation des pertes. »

Les porte-parole de la CFDT, la CGT, FO et la CFE-CGC sont reçus à l’Assemblée nationale, mercredi 20 janvier, à l’initiative du député Sébastien Jumel (PCF) afin de motiver, une fois encore, le refus du projet Hercule. Des députés de plusieurs partis (LR, PS FI…) seront à l’écoute de ces revendications qui ont fait écho « dans l’espace public [et qui doivent mener à] un large débat public sur l’énergie qui ne soit pas guidé par des questions financières », espère Thierry Zehnder, le coordinateur des luttes à la CGT mines-énergie. Début janvier, la ministre de la transition écologique Barbara Pompili se voulait rassurante devant le Sénat en annonçant que la France n’a toujours pas arrêté un « accord global avec la Commission européenne », expliquant les raisons pour lesquelles le projet continue d’être débattu.

Des retombées non négligeables sur la production du pays

Une baisse de près de 3,5 GW (nucléaire, gaz et charbon) a été constatée dans la journée, conséquence directe de cette grève. Cette réduction fait écho à celle de 10 GW enregistrée durant la journée de grève du 17 décembre. La production nucléaire du mois de janvier continuera d’accuser le coup puisque les syndicats appellent à organiser une nouvelle grève dès la semaine prochaine, sur les mêmes bases que celle de cette quatrième journée ayant mobilisé plus de 28,5% du personnel. 

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