Projet Hercule : le gouvernement tente toujours de convaincre les syndicats

Mardi 6 avril, Bruno Le Maire, Barbara Pompili et Jean-Bernard Lévy (PDG d’EDF) ont reçu les différentes organisations syndicales pour échanger au sujet du projet « Hercule », toujours aussi controversé. 

Une enveloppe de 10 milliards d’euros pour indemniser les actionnaires minoritaires

Le ministre de l’Economie et des Finances et la ministre de la Transition écologique ont, accompagnés du président d’EDF, échangé en visioconférence les syndicats d’EDF pour tenter, une fois encore, de trouver un terrain d’entente avec les principaux opposants au projet Hercule.

Les deux ministres du gouvernement ont prévu la somme de 10 milliards d’euros pour indemniser les actionnaires à qui appartiennent environ 17 % du capital d’EDF. Rappelons que le groupe est détenu à un peu plus de 83 % par l’énergéticien français. Ce serait donc « EDF Bleu » (en charge des activités nucléaires du groupe) et « EDF Azur » (renvoyant à la production hydroélectrique) qui reviendraient pleinement à l’État alors qu’« EDF Vert » serait en partie coté en bourse. 

Le secrétaire général CGT des mines et de l’énergie Sébastien Menesplier est revenu sur cette proposition : « Ils nous ont fait comprendre qu’il y a un accord de méthode sur la table avec la Commission européenne et une opportunité qui risque de ne pas se représenter pour réformer la réglementation du nucléaire et EDF. Et ils nous ont demandé d’accompagner le projet. »

D’ailleurs, des sources syndicales laissent filtrer qu’il est envisagé que l’ARENH (Accès régulé à l’énergie nucléaire historique) passe de 42 €/MWh à 49 € MWh. 

Le projet Hercule « socialiserait les pertes et privatiserait les profits»

Sébastien Menesplier confie par ailleurs que « les ministres ne parlent plus de Hercule ni de filiale d’EDF BLeu, Vert ou Azur », bien que, « sur le fond, c’est toujours le même contenu. » La forme change, mais pas le nom, à en croire le secrétaire général. Il dénonce, comme de très nombreux agents EDF depuis le début des contestations, un « éclatement » ainsi qu’une « mise en concurrence de ses différentes productions. »

Il y a quelques jours déjà, les opposants au projet Hercule, évoquaient, en marge d’un rassemblement à la centrale nucléaire de Penly (Seine-Maritime), « un saucissonnage opéré en catimini » et « un impact sur le prix pour l’usager. » Le député La France insoumise (FI) de Seine-Saint-Denis Eric Coquerel évoque un projet qui « ne vise qu’à socialiser les pertes et privatiser les profits. »

Ainsi, malgré les échanges organisés entre l’exécutif et les syndicats, ces derniers ne desserrent pas l’étau et gardent en ligne de mire la grève prévue pour le 8 avril, date du 75e anniversaire de la nationalisation d’EDF. 

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