Projet Hercule : Bruno Le Maire optimiste, Barbara Pompili envisage un « Plan B »

Le ministre de l’Économie et des Finances Bruno Le Maire persiste et signe : les négociations entre Paris et Bruxelles battent certes de l’aile, mais ne sont pas totalement compromises. Barbara Pompili veut quant à elle que les différents acteurs concernés réfléchissent à un plan B en cas de fin de pourparlers prématurés au sujet du projet Hercule.

Des négociations toujours ouvertes selon Bruno Le Maire

Pour Bruno Le Maire, les discussions ne sont pas confrontées au moindre blocage : « Nous avons une qualité de relation excellente avec Margrethe Vestager (la commissaire européenne chargée de la Concurrence), qui doit nous permettre de progresser. »

Le ministre continue de plaider en faveur d’un projet Hercule ayant pour « seul objectif […] de permettre [à EDF] de se développer dans les années à venir en assurant le couverture des coûts d’exploitation et de démantèlement du parc nucléaire et en lui permettant de se développer encore plus rapidement dans les énergies renouvelables. »

Bruno Le Maire a par ailleurs démenti devant la commission des affaires économiques du Sénat, le 2 février, toute intention du Gouvernement de nuire à EDF par le biais d’un démantèlement, ce que craignent pourtant les syndicats du groupe dont les grèves à répétition ont  pour objet cette éventuelle déstructuration et ses conditions.

Il rassure en avançant qu’un tel dessein « serait injuste, inefficace […] et [que], de toutes façons, cela serait refusé. » Le Gouvernement prévoit, au contraire, un développement d’EDF au travers l’électrification des ménages et entreprises. Une entreprise qui pourrait être impossible si « le prix de l’électricité explose » : « la régulation du prix nous permet de protéger les consommateurs pour […] accroître l’électrification du pays. »

Projet Hercule : « Il va falloir trouver un plan B » pour Barbara Pompili

Le son de cloche diffère quelque peu du côté de Barbara Pompili. Auditionnée à l’Assemblée nationale, jeudi 4 février, la ministre de la Transition écologique admet que « les discussions avec la Commission européenne sont toujours en cours et à ce jour nous n’avons pas la certitude de parvenir à un accord », en cause, l’intransigeance de la France à l’égard des exigences de Bruxelles au sujet de l’ARENH (Accès régulé à l’électricité nucléaire historique).

« Si on ne trouve pas d’accord, évidemment on ne restera pas les bras croisés […]. Mais si on n’aboutit pas sur ça, il va falloir trouver un plan B, et le plan B n’est pas si évident que cela à trouver », concède-t-elle.

Une alternative devra donc être envisagée pour extirper EDF d’une situation qui ne peut se contenter d’un « statu quo [qui] ne serait pas tenable. »

Les agents EDF toujours mobilisés

Jeudi 4 février, une centaine d’agents EDF, rejoints par des élus, étaient devant l’Assemblée nationale pour faire entendre leur mécontentement à l’encontre du projet Hercule. L’ancienne ministre Delphine Batho, aujourd’hui députée (non-inscrite) et présidente du mouvement Génération Écologie, estime qu’il faut « faire exactement l’inverse » de ce que prévoit ce projet « pour accomplir la transition énergétique. »

Adrien Quatennens (député La France insoumise) évoque une « gêne » du Gouvernement pour lequel « Hercule est l’aboutissement d’un processus de démantèlement qui ne date pas d’aujourd’hui. »

Rappelons que le projet Hercule prévoit une division du groupes en trois entités distinctes, à savoir EDF bleu (entreprise publique), EDF vert (côtée en Bourse) et EDF azur, dédiées respectivement aux activités nucléaires, aux énergies renouvelables et aux barrages hydroélectriques. Le PDG d’EDF Jean-Bernard Lévy et Bruno Le Maire seront respectivement auditionnés par l’Assemblée nationale les 10 et 11 février.

Face à cette crise qui dure, le Gouvernement a déjà opéré en septembre 2020 une levée de dette de 4,5 milliards d’euros afin d’aider financièrement l’énergéticien dont la dette s’élève aujourd’hui à 40 milliards d’euros.

Pas sûr que cela ne suffise pour EDF qui doit à la fois prolonger la durée de vie de ses centrales mais aussi se développer son parc d’énergies renouvelables : la France a pour objectif de baisser la part du nucléaire à 50% dans le mix énergétique d’ici 2035.

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