PPE : Objectifs de la consommation finale d’énergie en France publiés

Les décrets relatifs aux nouvelles programmations pluriannuelles de l’énergie (PPE) et la stratégie nationale bas carbone sont parus le 23 avril. Ils définissent le budget carbone concernant les objectifs de la politique énergie-climat à l’horizon des dix prochaines années en France. Quels sont les points à retenir ?

Baisse de la consommation énergétique

La nouvelle PPE fixe un objectif de réduction de la consommation finale d’énergie de 7,5 % entre 2012 et 2023, et de 17 % en 2028. Un objectif qui recule peu à peu, puisqu’en 2016, la PPE avait fixé la réduction de la consommation finale d’énergie à 12.6% entre 2012 et 2023.

Les objectifs de baisse concernent en particulier les sources d’énergies fossiles. La consommation de pétrole en France doit être notamment réduite de 19% en 2023 par rapport au projet initial de 2012 et de 24% en 2028. 

Le gaz avec pour objectif une diminution de 10% en 2023 et de 22% en 2028, a été l’énergie fossile la plus affectée. Du côté du charbon, la réduction est prévue à 66% en 2023 suivi de 80% en 2028. La cible de la loi énergie-climat est d’atteindre une diminution de 40% de la consommation des énergies fossiles. 

D’autre part, le décret de la PPE a entrepris d’interdire la création de nouvelles installations de production d’électricité à partir de combustibles fossiles de plus de 4.5 MW en France.

La filière renouvelable productrice d’électricité se développe

La nouvelle PPE a programmé des objectifs de puissances installées en rapport avec les filières renouvelables productrices d’électricité. Une augmentation de 60% des capacités éoliennes est attendue pour 2023 en comparaison à 2019. Le parc éolien aura, au total, une puissance de 26.5GW en 2023 et 2.4 GW pour l’offshore. 

Au sujet du photovoltaïque français, il devrait doubler d’ici 2023 avec une capacité installée égale à 20.1 GW. Quant à l’hydroélectricité qui correspondait à 11.2% de la production française d’électricité en 2019, sa visée se situe entre 26,4 et 26,7 GW. Par ailleurs, des projets de stockage (stations de transfert d’électricité par pompage) devraient voir le jour pour développer 1.5 GW de capacités entre 2030 et 2035. Pour atteindre ces objectifs, le décret a établi des calendriers indicatifs d’appels d’offres jusqu’à 2024 (comprenant des prix cibles pour l’éolien et l’offshore).

Des réacteurs nucléaires qui ferment

La part de l’énergie nucléaire dans le mix énergétique pour 2035 sera de 50% selon la loi énergie-climat. La PPE prévoit d’arrêter 14 réacteurs nucléaires (comprenant les deux réacteurs de Fessenheim) d’ici à 2035. Un principe d’arrêt à l’échéance de leur 5ème visite décennale a été divulgué autrement dit des arrêts entre 2029 et 2035. Toutefois des exceptions ont été mis en place par le pouvoir public. 

Le gaz vert 

En 2030, le gaz renouvelable devra atteindre 7% de la consommation de gaz en cas de baisse des coûts de production du biométhane à 75 euros par MWh en 2023 et à 60 euros en 2028. Si la baisse de coût est supérieure, l’objectif pourra remonter jusqu’à 10%.

En second lieu, la PPE prévoit de développer le parc de véhicules électriques en circulation à 660000 voitures fin 2023 et 3 millions fin 2028. Concernant les véhicules particuliers hybrides rechargeables, l’objectif est de 500000 voitures fin 2023 et 1.8 millions fin 2028. 100000 points de recharge devraient être installés en fin 2023 pour poursuivre le déploiement. 

Pour finir, l’hydrogène vise le développement de démonstrateur de puissance power to gas entre 10 et 100 MW en 2028 et d’un taux d’hydrogène décarboné dans l’hydrogène industriel entre 20 % et 40 %.

 

 

 

 

 

 

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