OPA Veolia-Suez : accord de principe conclu et fusion prévue pour l’automne

Débutée il y a près de 7 mois, la « guerre » entre Veolia et Suez semble s’achever et l’OPA (Offre publique d’achat) Veolia-Suez sera «close au début de l’automne. »Les deux géants de la gestion de l’eau et des déchets ont annoncé dans un communiqué, lundi 12 avril, avoir trouvé un accord de principe via leur conseil d’administration respectif.

Un « nouveau » groupe Suez « cohérent et pérenne sur le plan industriel et social »

L’un des principes phares de l’ensemble de ces accords réside dans le prix de l’action de Suez de 20,50 € par action Suez (coupon attaché), dépendant de la conclusion de l’accord de rapprochement. Ce montant est légèrement supérieur à celui de 18 euros que Veolia offrait. Il n’en fallait pas plus pour susciter l’enthousiasme des investisseurs : l’action de Suez a augmenté de 7 % et de 8 % pour Veolia.

L’accord permettra également :

  • la concrétisation du projet de Veolia de constitution du champion mondial de la transformation écologique, de l’ordre de 37 milliards d’€ de chiffre d’affaires, au travers de l’offre publique d’achat de Suez, au sein duquel demeureront tous les actifs stratégiques identifiés par Veolia ;
  • la prise d’engagements par Veolia au sujet de la composition de ses équipes de direction du siège et des pays ;
  • la réitération des engagements sociaux de Veolia pour une durée de quatre ans.

Avec cet accord qui devrait être conclu dans les prochains mois, Veolia investira près de 26 milliards d’euros. Si le relèvement de prix coûte à celui seul 1,6 milliards, il faut ajouter, selon le président de Veolia, Antoine Frerot, « quelque 24 milliards que représentait jusqu’à présent l’opération en y incluant la reprise de la dette de Suez soit 13 milliards. »

Le « nouveau Suez » représentera 6,9 milliards d’euros de chiffre d’affaires et constituera un groupe « cohérent et pérenne sur le plan industriel et social. »

Le PDG de Veolia tenait également à rappeler que « ce qui [lui] tenait le plus à cœur était de conserver un maximum d’activités hors d’Europe, car en matière de part de marché, Veolia y est moins fort. »

Rappelons qu’il ne s’agit là que d’un accord de principe qui sera entériné à la mi-mai avec un accord plus formel. Une finalisation de cette opération s’en suivra dans quelques mois, au début de l’automne. Bertrand Camus, directeur général de Suez, a de son côté, tenu à rassurer : « Cet accord de principe donne toutes ses chances à l’obtention d’une solution globale qui offrirait les garanties sociales indispensables pour l’ensemble des salariés et des perspectives. »

OPA Veolia-Suez : l’accord après des mois de lutte

Cette « bataille » et OPA entre Veolia et Suez ne date pas d’hier. C’est à l’été dernier, en juillet plus précisément, que le président d’Engie (qui détenait presque 30 % du capital de Suez) a ouvert la voie à cette OPA en déclarant que « tout était ouvert » concernant Suez.

Il n’en fallait pas plus pour donner des idées à Antoine Frérot qui voit là une possibilité de fusion entre les géants de l’eau et des déchets. Le 29 août, une première offre est faite à Bertrand Camus, directeur général de Suez. Alors que Suez multiplie les subterfuges, qui déplorait en septembre que « Chaque jour qui passe, Suez vend une nouvelle activité. Sur les 90.000 salariés, 13.000 ont été cédés depuis un mois et demi. »

Début octobre, le conseil d’administration d’Engie vote en faveur de la vente de sa participation à Veolia contre 3,38 milliards d’euros. Toujours en octobre, Suez obtient, à son tour, une petite victoire, puisque le tribunal judiciaire de Paris prononce la suspension de toute l’OPA, notamment car « l’absence d’information-consultation des CSE sur le projet de Veolia de rachat des 29,9 % des parts détenues par Engie au capital de Suez constitue un trouble manifestement illicite qu’il convient de faire cesser », retardant de plusieurs semaines l’opération.

Suez profite de ce rapport de force qui se rééquilibre et pose alors une condition : celle de valoriser ses actions à 20 euros avec des garanties sociales pour ses salariés. En ce mois d’avril 2021, un accord historique est donc enfin arrêté et semble arranger les deux parties. Si Suez arrive à vendre ses actions à 20,50 euros (coupon attaché), Veolia fusionne enfin avec son grand rival.

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