Nord Stream 2 ira à son terme selon les médias allemands et la Russie

Le projet Nord Stream 2 repart de l’avant malgré une demande du Parlement européen aux États membres de l’Union européenne de durcir les sanctions contre la Russie et d’interrompre l’achèvement de Nord Stream 2 (comme nous le rapportions dans cet article) d’une capacité de 55 milliards de mètres cubes et estimé à près de 10 milliards d’euros.

Nord Stream 2 terminé à 94%

Malgré des tensions certaines au sujet de la réalisation de ce Gazoduc, le magazine allemand Der Spiegel affirme que la construction a repris et que près de 94% du pipeline est terminé. Le même média va même jusqu’à prévoir une fin de projet cette année et a également eu les échos d’une autorité danoise selon lesquels les travaux de pose de la ligne au Danemark devraient être quasi-terminés d’ici la fin avril. Le vice-Premier ministre russe Alexandre Novak a quant à lui déclaré « que malgré les approches destructrices de la part des États-Unis, qui retardent la mise en œuvre de ce projet, celui-ci sera mené à terme. » 

Le 5 février, Emmanuel Macron décrivait Nord Stream 2 comme un « projet quasiment terminé » et que « rien ne saurait être annoncé sans une étroite coordination franco-allemande. » Le représentant d’un État membre a déploré le fait que « l’argent a pris le dessus et [qu’en] fin de compte, chaque État membre se préoccupe d’abord de ses propres intérêts. »

Débuté en 2018 puis interrompu en 2019 en raison de sanctions prises par les États-Unis et la Pologne (par l’intermédiaire de l’autorité de la concurrence polonaise, l’UOKiK), Nord Stream 2 suscite de vives inquiétudes auprès de pays européens qui craignent une dépendance de l’Allemagne via-à-vis du gaz russe.

Une avancée de la construction malgré des tensions

La problématique est double pour l’Allemagne qui souhaite à la fois assurer sa transition énergétique en passant par une limitation de sa consommation de charbon et ne pas écorner ses relations avec ses alliés européens ainsi que les États-Unis. Cela étant, Berlin privilégiera ses intérêts au lendemain d’une année 2020 et d’une épidémie de Covid-19 qui ne l’a pas épargnée.

Nord Stream 2 permettrait également à l’Allemagne de fermer les yeux sur les tensions entre la Russie et l’Ukraine au sujet de celle-ci qui présente des difficultés à s’acquitter de sa dette auprès de Gazprom et qui ne bénéficierait plus de redevances de transit du gaz russe.

Autre élément de contingence, et pas des moindres, le cas d’Alexei Navalny : une majorité de pays remettent en cause le traitement qui a été accordé à l’opposant politique par la Russie et des scientifiques allemands ont même déclaré, en septembre 2020, avoir des « preuves sans équivoque » de l’empoisonnement de Nalvany. 

L’Allemagne ira-t-elle donc jusqu’à refuser ce gaz naturel bon marché ? La ministre allemande de l’Environnement rappelait, le 23 janvier, que « l’Allemagne aura besoin de gaz naturel pendant une période de transition après la suppression progressive du charbon et de l’énergie nucléaire » jusqu’à ce que le pays « ne devienne totalement climatiquement neutre. » En effet, Berlin condamne ce qu’il se passe en Russie mais ne semble pas faire machine arrière : « C’est un projet privé, et il concerne la sécurité des approvisionnements de l’Allemagne » a réaffirmé Berlin il y a encore quelques jours.

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