EDF Nucléaire : nouveau problème de soudures décelé à l’EPR de Flamanville

Début mars, EDF a signalé à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) « un événement significatif » d’écart de conception au sujet de trois piquages du circuit principal du réacteur en cours de construction.

Nouveau problème de soudures et études de sûreté nucléaire non respectées par EDF

Le chantier du réacteur de troisième génération de la centrale de Flamanville verra-t-il enfin le jour ? La question se pose de plus en plus, tant les reports s’additionnent pour un réacteur qui devait initialement être lancé en 2012.

Contenant l’eau servant au refroidissement du cœur du réacteur et au transfert de l’énergie provenant de la réaction nucléaire vers les générateurs de vapeur, le problème est donc de taille. En effet, les piquages revêtent une importance non négligeable dans la mesure où ils relient plusieurs circuits auxiliaires au circuit principal du réacteur. 

Sans la résolution de ce problème, le démarrage de l’EPR est compromis compte tenu de l’importance en termes de sécurité qu’une telle faille implique. 

Un problème constaté dès 2006

Ce problème naît en 2006 lorsqu’EDF et Framatome (Chaudiériste nucléaire, détenu en partie par EDF) débutent la construction du réacteur en prenant une liberté avec les dimensions des piquages. Les deux constructeurs avaient élargi le diamètre de ces piquages afin d’avoir plus facilement accès au circuit de refroidissement primaire.

Problème : la « taille de brèche […] [est] supérieure à celle considérée dans les études de sûreté » indique l’ASN, qui découvre en 2019 que ces piquages ne sont pas efficacement soudés et qu’un risque de rupture peut toujours survenir.

Ainsi, le 3 mars dernier, « pour prendre position, l’ASN a demandé à EDF de lui indiquer sa stratégie de traitement de cet écart. L’ASN a également demandé à EDF d’identifier les causes profondes de cet écart et les raisons de sa détection tardive, et de mettre en œuvre les actions correctives qui devront notamment permettre de s’assurer de l’absence d’autres écarts sur le circuit primaire principal. »

L’attente se fait longue pour l’EPR de Flamanville, premier réacteur nucléaire français de troisième génération dont le coût s’élève aujourd’hui à plus de 19 milliards d’euros si l’on se fie à l’estimation de la Cour des comptes. Prévue pour 2022, la finalisation de l’EPR aura au moins dix de retard sur la date prévue.

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