Développement des renouvelables : Engie veut se rattraper

Dans la course à l’énergie, électricité et gaz dit verts sont devenus la tendance pour les acteurs du secteur comme pour les clients. Un peu à la traîne par rapport à certains grands concurrents internationaux, Engie décide d’investir sérieusement dans le développement de ses capacités en énergies d’origine renouvelable ces prochaines années.

De nouveaux objectifs de capacité en énergie verte

Face à des entreprises telles qu’Iberdrola en Espagne ou Enel en Italie, qui possèdent déjà de grosses capacités de production d’énergie d’origine renouvelable, la société Engie n’est pas encore à la hauteur.

C’est dans l’objectif de se rapprocher de ces géants qu’une nouvelle feuille de route concernant le développement des énergies renouvelables a été établie par Engie et présentée par Catherine MacGrégor, sa directrice générale. Il est ainsi prévu d’investir entre 15 et 16 milliards d’euros d’ici à 2023 dans ce domaine.

Un peu plus de 40% de ce budget sera dédié à l’amélioration des capacités de génération d’électricité d’origine éolienne et solaire.

La directrice du groupe a assuré que “Engie va renouer avec la croissance”.

La capacité actuelle d’Engie est de 31 gigawatts, mais elle devrait passer à 50 gigawatts en 2025 puis à 80 gigawatts en 2030. Il est donc prévu une augmentation de 3 gigawatts cette année puis de 4 gigawatts les années suivantes. L’accent sera mis sur la France, le Brésil, le Chili et les États-Unis.

Bien que ces mesures ne soient pas suffisantes pour tout à fait rattraper de gros énergéticiens comme Enel, qui compte développer jusqu’à 6 gigawatts d’énergie verte par an d’ici à 2025, elles permettent malgré tout à l’acteur français de mieux se positionner parmi les leaders européens du marché.

Neutralité carbone pour Engie

Outre l’électricité verte, Engie a décidé de se positionner comme modèle référent dans le domaine de la production d’hydrogène vert fait à partir d’électricité renouvelable. Le développement d’une nouvelle capacité de 4 gigawatts en 2030 ouvrirait un axe intéressant et prometteur touchant à toutes les activités de l’entreprise, comme l’expliquait Catherine MacGrégor. 

L’objectif de cet ambitieux projet est d’améliorer le bilan carbone d’Engie en visant la neutralité carbone en 2045. Les plus sceptiques à propos de ces intentions louables pointent cependant un manque de données chiffrées concernant les valeurs absolues des baisses d’émissions promises.

Plan d’économies et d’investissements

Afin d’atteindre les objectifs de la feuille de route présentée par la directrice d’Engie, une série de cessions sur ces trois prochaines années est prévue.

La cession de l’entité Bright (plus sur ce sujet >ici<), regroupant deux tiers des activités de service, est déjà en préparation pour un montant estimé à 5 milliards. 

Un autre actif d’Engie détenu à 75 %, GRTgaz l’opérateur principal de transport gazier, va également faire l’objet d’une vente à hauteur de 10 à 15 %.

Enfin, les dernières centrales à charbon du groupe Engie seront également cédées pour alimenter le projet de développement.

Pour accompagner ces ventes, un plan d’économies a également vu le jour et devrait permettre à l’entreprise française d’améliorer son bénéfice de 600 millions d’euros d’ici à 2023.

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