Déchets nucléaires : des décisions doivent être prises rapidement selon l’ASN

Le problème était déjà d’actualité fin janvier avec une saturation à venir des capacités de stockage du site de traitement des déchets nucléaires de La Hague. Lundi 7 mai, l’Autorité de sûreté du nucléaire (ASN) a appelé les autorités à prendre rapidement des décisions en ce qui concerne la gestion des déchets nucléaires.

Les besoins de capacités de stockage des déchets nucléaires pourraient ne pas être assurés

« Des décisions seront nécessaires, à court terme, afin que des filières de gestion sûres soient disponibles pour tous les types de déchets radioactifs dans les 15 à 20 ans à venir », a prévenu le gendarme du nucléaire.

Dans sa note d’information, « l’ASN insiste sur l’importance d’anticiper les choix de gestion des matières et des déchets radioactifs. »
Cette mise en garde survient au moment où la France prépare son cinquième plan national de gestion des matières et des déchets radioactifs (PNGMDR). Mis à jour tous les trois ans, le PNGMDR fait le bilan des modes de gestion des matières et des déchets radioactifs, recense les besoins prévisibles d’installations d’entreposage ou de stockage et précise les capacités nécessaires pour les installations en question et les durées d’entreposage.

Preuve de l’urgence de la situation, l’ASN avait déjà publié plusieurs avis sur la question. Le dernier, datant de mai, fait écho à l’une de ses observations sur la question : « À défaut de décision prise dans les cinq prochaines années, aucune filière de gestion ne serait opérationnelle dans les 20 ans qui viennent. [En cas de manque de décision], les besoins capacitaires de stockage des déchets ne seront [alors] donc pas assurés. »

De son côté, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) recensait 1,67 million de mètres cubes de déchets radioactifs en France fin 2019. Près de 4 000 d’entre eux était hautement radioactifs.

Une alternative à trouver 

Pour répondre à cet impératif, la France mise sur Cigéo : un projet de construction de stockage à 500 mètres sous terre dès 2035 dans la commune de Bure (Meuse). Estimé à 25 milliards d’euros, il doit encore obtenir une série d’autorisations pour être lancé. 

Pour l’heure, les déchets sont stockés temporairement. Il y a quelques mois, le préisdent de l’ASN, Bernard Doroszczuk, faisait part de son regrès de voir une situation au point mort : « cela fait dix ans qu’il y a un consensus pour dire que la France va manquer de capacités d’entreposage des combustibles nucléaires usés à l’horizon 2030. »

Le président demandait en juin 2020 à EDF et Orano « qu’ils prennent le sujet en main pour aboutir au plus tôt à la création de capacités d’entreposage soit sous eau, soit à sec. » Une piscine de déchets nucléaires, dont le début des travaux aura lieu en 2026, Va voir le jour dans les prochaines années.

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