CO2 : pour l’Agence internationale de l’énergie, la neutralité carbone passera par la fin des projets fossiles

L’AIE (Agence internationale de l’énergie) tire la sonnette d’alarme quant aux émissions de CO2 encore considérées comme trop élevées pour ralentir le réchauffement climatique. Les investissements dans les énergies fossiles pourrait être préjudiciables pour l’environnement d’ici les prochaines décennies si ces derniers continuaient à être aussi importants.

Un futur avec zéro émission de CO2 est possible, au prix d’« efforts majeurs »

Alors que se profile la COP26 (en novembre, à Glasgow), l’Agence internationale de l’énergie affirme que les investissements dans de nouveaux projets impliquant des énergies fossiles doivent être stoppées dans le cadre d’une transition énergétique réussie.

Dans un rapport publié mardi 18 mai intitulé Net Zero by 2050 : a roadmap for the global energy system, l’AIE estime que le zéro émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050 est envisageable, au prix d’« efforts majeurs » durables et consentis de la part des pays qui se sont engagés a ce que leurs émissions de CO2 soient nulles.

Toutefois, si ce scénario d’un monde sans plus aucune émission de CO2 est toujours envisageable, l’AIE prévient que la tâche sera « monumentale », alors qu’elle rappelait, il y a encore quelques semaines, qu’un rebond des émissions de gaz à effet de serre est à prévoir en 2021, à l’aune de la reprise de l’activité économique de nombreux pays.

En effet, malgré l’engagement de nombreux États de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, on évoque encore plus de 22 milliards de tonnes de CO2 en trop qui seront émises en 2050 et une augmentation de la température moyenne de… 2,1 °C en 2100 !

L’AIE identifie 400 étapes pour réduire durablement les émissions de CO2

Parmi les mesures à mettre en place pour lutter contre le réchauffement climatique, l’Agence internationale de l’énergie évoque : 

  • des investissements annuels de 5 000 milliards de dollars par an (« seuls » 2 000 milliards sont dépensés aujourd’hui) ; 
  • le recours à des technologies développées à cet effet qui sont « actuellement en phase de démonstration ou à l’état de prototype. » L’AIE met l’accent sur ces technologies permettant de réduire l’empreinte carbone de secteurs éminemment polluants que sont ceux de l’aviation ou la chimie ;
  • une utilisation bien moins importante des énergies fossiles : celles-ci ne devront fournir qu’un cinquième de l’énergie au détriment d’énergies plus « propres », alors qu’elles représentent les 4/5 de l’énergie utilisée actuellement ;
  • la fin progressive de la vente des véhicules thermiques : 60 % des voitures vendues devront être électriques. Ces derniers ne représentent que 5 % aujourd’hui ;
  • enfin, la fin des investissements dans les industries pétrolières et gazières ainsi que la production de charbon. 

Certains spécialistes de la question tels que Dave Jones du think tank (laboratoire d’idées) Ember, considère que ce rapport est un véritable « coup dur pour l’industrie » des hydrocarbures notamment. En effet, l’AIE a longtemps été orientée énergies fossiles et cette feuille de route publiée à six mois de la prochaine conférence climatique atteste de la volonté de l’influente agence d’inverser la tendance encore (trop) acquise aux énergies fossiles.

C’est, en substance, ce qu’a laissé entendre Fatih Birol, directeur de l’Agence internationale de l’énergie : « Aucun gouvernement ne voudra avoir un système énergétique dépassé. Je suis sûr que les États agiront pour soutenir l’économie de demain et signaleront clairement aux investisseurs que les options pour une énergie propre sont les garantes de retours lucratifs. »

Consultez le rapport publié par l’AIE en cliquant ici.

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