Climat : que retenir du sommet sur le climat organisé par les États-Unis ?

Jeudi 22 et vendredi 23 avril s’est déroulé, en visioconférence, le sommet sur le climat à l’initiative du président des États-Unis Joe Biden. Voici les principaux enseignements de ce rendez-vous annuel durant lequel les États-Unis prévoyaient de jouer un rôle majeur, à quelques mois de la COP26 de Glasgow.

Climat : les États-Unis « résolus à agir »

Il y avait fort à faire pour les États-Unis dans le cadre de ce sommet international sur le climat, quelques années après la décision du président Donald Trump de sortir de l’Accord de Paris signé en 2015 durant la Cop21 qui s’est déroulée en France.

Nul doute que Joe Biden voulait contraster avec son prédécesseur. Une responsable américaine confiait, mercredi 21 avril, qu’« il n’y a pas de plus grand défi pour ce gouvernement, et pour les États-Unis, que de combattre la crise climatique. »
Et à la parole a été joint l’acte, puisque dès le premier jour de son mandat, Joe Biden a fait réintégrer à l’accord de Paris les États-Unis.

La donnée majeure de ce sommet à distance réside sans doute dans l’annonce du président américain de vouloir réduire les émissions de gaz à effet de serre de la première puissance mondiale de 50 à 52 % d’ici à 2030, par rapport aux niveaux de 2005. Joe Biden a d’ailleurs indiqué que « la science nous montre indéniablement que le coût de l’inaction ne cesse d’augmenter » et a réaffirmé la volonté des États-Unis qui « n’attendront pas. » « Nous sommes résolus à agir » a-t-il poursuivi. La chancelière allemande Angela Merkel a d’ailleurs salué « le retour des États-Unis de retour pour travailler avec nous sur le climat »

Cet objectif ambitieux tranche donc non seulement avec la politique menée par Donald Trump mais aussi les objectifs de l’époque de Barack Obama qui, lors de la COP 21, avait fixé l’objectif d’une diminution de 26 à 28 % des gaz à effet de serre en 2025.

Au-delà des retombées environnementales, de telles mesures auraient un impact sur l’emploi et l’économie ont rappelé les États-Unis, par l’intermédiaire de son président et de Envoyé spécial du président des États-Unis pour le climat, John Kerry, pour qui « s’attaquer au changement climatique nous donne l’opportunité de créer des millions de bons emplois bien payés » mentionnant les énergies renouvelables, l’isolation des bâtiments ou encore les stations de recharge.  

À l’échelle mondiale, l’objectif est d’autant plus simple : maintenir le réchauffement climatique sous la barre des +2 degrés, voire 1,5 degré, tel que le prévoyait l’accord de Paris d’il y a 6 ans.

Pluie d’engagements des pays participants

Cette bonne volonté a été contagieuse, puisqu’une pluie d’engagements similaires ont été décidés par les chefs d’État européens et mondiaux. Des pays comme le Japon, le Canada ou la Chine ont annoncé avancer en ce sens. Cette dernière s’est dite « déterminée à travailler avec la communauté internationale, et en particulier les États-Unis. » La Russie et Vladimir Poutine ont annoncé l’exécution de « ses obligations internationales », et ce, « avec responsabilité. »

Justin Trudeau a dévoilé un plan de réduction des émissions polluantes de 40 à 45 % avant 2030 et Yoshihide Suga, le Premier ministre japonais, a annoncé vouloir revoir à la hausse l’objectif de réduction de CO2 en passant à 46 % (contre 26 % actuellement) d’ici à 2030, par rapport aux niveaux de 2013.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson est quant à lui revenu sur son projet de réduction des émissions de gaz à effet de serre du Royaume-Uni de 78 % d’ici à 2035.

Même le Brésil, scruté par la communauté européenne et mondiale pour sa politique environnementale, a déclaré vouloir atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050 et Jair Bolsonaro s’est positionné sur une suppression de la déforestation illégale au Brésil à l’horizon 2030.

Et pour la France ?

Jeudi 22 avril, au premier jour de ce rendez-vous, Emmanuel Macron a mis en avant l’organisation de ce sommet sur le climat et les engagements des États-Unis. 

Le président français a pour ligne de mire 2030 qui « est le nouveau 2050. »
« C’est ce plan que l’Union européenne a mis sur la table en décembre, traduit dans une loi climat européenne avec le Green Deal pour lui donner corps. À nous donc maintenant de mobiliser tous les leviers dont nous disposons, l’innovation, la transformation, la régulation » a ajouté Emmanuel Macron. 

La France a demandé de « donner un prix au carbone » (via une taxe carbone envisagée par l’Union européenne), grâce à l’intégration de « la dimension environnementale dans le coût des investissements et dans nos relations commerciales. »

La semaine dernière, l’Élysée évoquait que, pour l’heure, les engagements actuels « nous [amène] vers une hausse des températures de plus de 3 degrés avec le risque d’aller à 5 degrés. »

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