Des batteries fer-air pour l’énergie renouvelable existent-t-elles vraiment ?

Le principal problème des énergies renouvelables aujourd’hui est la grande difficulté que nous avons à les stocker. Fonctionnant en flux tendu permanent et incapables de faire face aux pics de consommation, les sources d’énergies renouvelables ont encore besoin d’évoluer. Cependant, une solution a peut-être vu le jour chez la start-up Form Energy : les batteries fer-air.

Les promesses des batteries fer-air

C’est après plus d’un an d’expérimentation que la start-up américaine Form Energy a annoncé être parvenue à créer une toute nouvelle génération de batteries fer-air. Il s’agit d’une batterie “low-cost”, avec une autonomie de 100 heures, mais dont la propriété la plus intéressante est de pouvoir stocker les énergies intermittentes.

Dans le communiqué de presse émit par l’entreprise, celle-ci affirme que son produit a “des coûts de fonctionnement compétitifs vis-à-vis des centrales électriques conventionnelles, et à moins d’un dixième du coût de fabrication des batteries au lithium-ion”.

Son matériau principal étant le fer, cette batterie d’un nouveau genre serait donc plus sûre, moins chère et plus simple à produire puisque ce métal est le plus abondant sur Terre. Conçues pour être utilisées pendant plusieurs jours de suite, les batteries fer-air devraient pouvoir soutenir un réseau électrique entièrement renouvelable tout au long de l’année en dépit des creux et pics de consommation.

L’avenir de l’énergie serait dans le fer ?

Un faible coût de production, des matériaux plus simples à trouver, mais également moins polluant pour les sols, une capacité de stockages des énergies intermittentes… Il semble que ces batteries fer-air n’aient que des avantages.
Bien sûr, l’extraction du minerai de fer est, elle aussi émétrice, de gaz à effets de serre, cependant l’abondance du métal peut laisser espérer des circuits de fabrication plus courts. Son exploitation pourrait également ralentir ou mettre fin à la pollution des eaux et des sols causées par l’extraction du lithium.

Mais alors comment fonctionne cette batterie qui semble presque miraculeuse ?
Tout d’abord il faut savoir que les batteries au fer font l’objet de recherches et expérimentations depuis déjà quelques années.
Celles présentées par Form Energy fonctionnent par oxydation réversible du fer, c’est-à-dire que lorsque la batterie se décharge, le fer à l’intérieur sera exposé à l’air et rouillera. Puis lorsque la batterie se chargera de nouveau, l’oxygène sera évacué et la rouille sera éliminée pour que le fer retourne à son état original.

La start-up a réuni 220 millions, en particulier auprès du géant de la sidérurgie ArcelorMittal, ce qui laisse à penser que ce projet n’a rien d’un coup de bluff. Pour ArcelorMittal, cet investissement présente un certain intérêt puisqu’il fournira les matières premières à la fabrication des batteries fer-air.
Désormais, Form Energy veut conduire un projet-pilote de 300 MW, qui devrait être mis en service en 2023.

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